Et si vous parliez de votre poids avec un médecin ?
Prenez RDV avec un professionnel de santé en cabinet ou en téléconsultation.
La définition de l'obésité mérite d'être affinée et les patients doivent bénéficier d'une prise en charge adaptée à l'évolution de leur maladie. C'est ce que préconise un rapport récemment publié dans The Lancet*. Explications.
François Pattou, chirurgien digestif et coordinateur du centre intégré de l’obésité au chu de Lille :
Deux raisons essentielles expliquent nos propositions.
1- L'obésité est une maladie caractérisée par un excès d'adiposité. Le critère de référence défini en 1997 par l’OMS pour diagnostiquer l’obésité chez les adultes de 18 à 65 ans se fonde sur l’IMC, c’est‐à‐dire le rapport du poids sur le carré de la taille, exprimé en kg/m2. D’après l’OMS, les personnes en surpoids ont un IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m2.
À partir de 30 kg/m2, l’IMC révèle une obésité. Un IMC situé entre 30 et 34,9 kg/m2 est le signe d’une obésité modérée. Entre 35 et 39,9 kg/m2, l’obésité devient sévère et à partir de 40 kg/m2, l’obésité est massive. L'IMC a le mérite d'être un outil facile d'utilisation pour le repérage de l'obésité.
Mais il connaît des limites et n'est pas toujours un outil diagnostic pertinent. S'il permet de mesurer la corpulence au sens large, il ne donne pas d'indications sur la composition corporelle (masse maigre et masse grasse) d'un individu. Ainsi, un sportif de haut niveau ayant un IMC de plus de 30 kg/m2 n'est pas concerné par l'obésité. Car il n'a pas d'excès de masse grasse. C'est sa masse musculaire, particulièrement développée, qui explique son IMC important .
2 - Autre élément à prendre en compte, un IMC très élevé ne donne pas forcément d'indication sur la gravité de l'obésité. Par exemple, une personne ayant un IMC de 40 kg/m2 n'a pas forcément une pathologie lourde et à l'inverse, une personne dont l'IMC est de 32 kg/m2 peut avoir des comorbidités importantes et donc, son obésité peut avoir de lourdes conséquences sur sa santé.
Prenez RDV avec un professionnel de santé en cabinet ou en téléconsultation.
F P : Quand l'IMC est supérieur à 40 kg/m2, il suffit en général à diagnostiquer l'obésité. Mais entre 25 et 40 kg/m2, il n’est pas suffisant. Dans ce cas, le diagnostic nécessite (outre l'IMC), la mesure du tour de taille. Le plus simple est de l'effectuer à l'aide d'un mètre ruban placé juste sous la dernière côte entre la dernière côte et la crète iliaque, à la fin d’une expiration, sans exercer de pression sur la peau.
Selon l’American Diabetes Association (ADA), un tour de taille de plus de 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme est le signe d’une obésité abdominale à risque métabolique et vasculaire1. La mesure du tour de taille est, notamment essentielle quand l'IMC est compris entre 28 et 32 kg/m2. Car il s'agit-là d'une « zone grise » où l'on peut avoir un IMC important (30 kg/m2 et plus) sans être, pour autant, atteint d'obésité. Ou encore, être en surpoids selon l'IMC tout en étant concerné par une obésité abdominale à risque métabolique. La mesure du tour de taille apporte donc ici une information supplémentaire : l'adiposité excessive localisée permet de diagnostiquer l'obésité.
F P : L'obésité préclinique est une adiposité excessive sans atteinte clinique (pas de dysfonctionnements d'organes, ni de retentissement fonctionnel important), mais avec le risque d’évoluer vers l’obésité clinique et ses complications. Pour parler d’obésité clinique, il faut démontrer l'un ou l’autre de deux critères principaux : l’atteinte d’un organe ou tissu due à l'obésité ou la réduction significative d’activités quotidiennes, ajustées à l'âge : mobilité, toilette, habillement, continence, repas...
Quoi qu'il en soit, une chose est sûre, qu'elle soit pré-clinique ou clinique, l'obésité reste une maladie qui nécessite une prise en charge adaptée à chaque patient.
F P : Les patients dépistés en obésité préclinique devront bénéficier de recommandations concernant leur d’activité physique et leur alimentation et d'un suivi médical. Face à une personne en obésité préclinique, l’objectif de la prise en charge est d'éviter que la maladie s'aggrave. A ce stade, dans la majorité des cas, il n'y a pas de raison de recourir à des traitements biologiques de l'obésité (médicaments ou chirurgie).
Quant aux patients atteints d'obésité clinique, ils devront bénéficier d’un traitement de l’obésité et des atteintes cliniques associées pour prévenir, si possible, la progression vers des atteintes irréversibles. La distinction entre obésité préclinique et clinique permet d'affiner et de personnaliser la prise en charge des patients, en ciblant ceux qui nécessitent des traitements et ceux qui ont besoin de mesures préventives.
Hélia Hakimi-Prévot
Trouvez des praticiens sensibilisés à l’obésité près
de chez vous !
Doctolib* permet aux patients la prise de RDV en ligne et la téléconsultation, 24/7.
Avec Livi*, une équipe spécialisée vous accompagne sans jugement
Charles*, propose un accompagnement personnalisé, adapté à vos objectifs
* Ces fournisseurs sont des entités autonomes et indépendantes. Novo Nordisk n'exerce aucune influence sur la fourniture de ces services, ni ne conditionne en aucune manière le libre déroulement des activités des professionnels de santé impliqués.