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Obésité

Déclic, prise en charge de l’obésite et accident cardiovasculaire

Il a fallu un diagnostic d’hypertension artérielle pour que William, 44 ans, réalise que son excès de poids mettait sa santé en danger. Comme lui, beaucoup de patients n’agissent qu’après un accident cardiovasculaire ou une maladie associée. Un déclic tardif mais souvent salvateur, selon le Dr Jean-François Renucci, médecin vasculaire, qui plaide pour une prise en charge plus précoce et bienveillante de l’obésité.

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Déclic, prise en charge de l’obésite et accident cardiovasculaire

William Mouret, 44 ans, fonctionnaire territorial :  « J'ai pris en main mon excès de poids après un diagnostic d'hypertension artérielle »

« J'ai toujours été très sportif. Dès l'enfance et jusqu'à l'âge adulte, j'ai pratiqué la course à pied plusieurs fois par semaine. Je me dépensais beaucoup ! Cette activité me procurait un grand bien-être et une certaine liberté alimentaire : je pouvais manger tout ce que je voulais sans culpabiliser. Malheureusement, à 33 ans, alors que j'étais préparateur de commande dans un entrepôt, j'ai été victime d'un accident du travail : je me suis fracturé le pied. J'ai dû arrêter le sport pendant 2 ans. Durant toute cette période, je n'ai pratiqué aucune activité physique, je suis devenu très sédentaire.

Résultat : j'ai pris beaucoup de poids sans m'en rendre compte, de façon insidieuse. En deux ans, je suis passé de 80 kilos (avant mon accident) à plus de 120 kilos. Je me sentais vraiment mal dans ma peau. Mais de façon très étonnante - alors même que j'avais pris 40 kilos en deux ans - je ne pensais absolument pas être concerné par l'obésité. Je devais sûrement être dans le déni. J'ai quand même consulté mon généraliste pour lui parler de ma situation et de mon mal-être. Il m'a longuement parlé et examiné. Malheureusement, il a détecté une forte hypertension artérielle. Cela a été confirmé par mon cardiologue qui m'a prescrit un antihypertenseur.

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Ce diagnostic a fait l'effet d'un électrochoc : je ne pouvais plus me voiler la face ! Il fallait que je prenne soin de ma santé et que je prenne au sérieux mon excès de poids. Car, outre l'hypertension artérielle, j'avais développé une apnée du sommeil, ce qui augmentait davantage mon risque de faire un accident cardiovasculaire.

A ce moment-là, je gardais une fragilité au pied, je ne pouvais donc pas reprendre la course. Mais je voulais me remettre en mouvement, de façon progressive et perdre les kilos que j'avais accumulés.
En faisant des recherches sur Internet, j'ai trouvé une merveilleuse association (intitulée Vers un Nouveau Regard) dédiée aux patients en situation d'obésité. J'y ai trouvé des personnes qui vivaient les mêmes problématiques que moi et qui me traitaient avec bienveillance. Elles m'ont conseillé, guidé vers une prise en charge adaptée à mon état de santé.

Petit à petit, j'ai repris la marche. Puis, j'ai trouvé une activité physique compatible avec mon problème orthopédique : le vélo elliptique.
Aujourd'hui, je continue à en faire plusieurs fois par semaine. J'ai perdu du poids. Je me sens mieux dans ma peau. Je fais partie d'une autre association de patients dédiée aux personnes en obésité (appelée Embarque ta Boussole) : j'aide les adhérents à se faire accompagner sans tarder pour éviter que leur santé mentale et physique se détériore ».

Dr Jean-François Renucci

4 questions au Dr Jean-François Renucci, médecin vasculaire au Centre hospitalier universitaire de la Timone à Marseille (APHM) et ambassadeur de la fondation Agir pour le cœur des femmes.

Certains patients décident de prendre en charge leur obésité après la survenue d'une maladie cardiovasculaire, voire après un accident cardiaque.
Ce déclic est-il trop tardif ?

Prendre en charge son obésité après un diagnostic de maladie, d'accident cardiovasculaire (hypertension artérielle, infarctus, insuffisance cardiaque...) ou d'accident vasculaire cérébral (AVC) est indispensable. Mais, il est dommage d'attendre qu'une comorbidité se déclare pour soigner l'obésité. Car ces pathologies qui touchent la sphère cardiovasculaire peuvent altérer la qualité de vie de façon significative et engendrer des handicaps irréversibles.1

Dans l'idéal, la prise en charge de l'obésité doit être la plus précoce possible, d'abord via des changements du mode de vie. Le fait de prévenir la survenue ou l'aggravation de l'obésité réduit le risque d'apparition de maladies ou d'événements cardiovasculaires. Une étude récente2 montre notamment que la survenue à l’âge adulte de diabète de type 2, de dyslipidémies* et d’hypertension artérielle est moindre lorsque l’obésité dans l’enfance est efficacement prise en charge.

La Haute Autorité de Santé3 propose trois niveaux de prise en charge selon le degré de l'obésité ; en prenant en compte les paramètres suivants : l’indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille, le niveau de sévérité des pathologies associées, le retentissement fonctionnel, le contexte psychopathologique, l’existence d’un handicap, le comportement alimentaire, le retentissement sur la qualité de vie personnelle ou professionnelle. Le premier niveau de recours reste le médecin généraliste, coordinateur de la prise en charge de l'obésité, les médecins spécialistes, paramédicaux (diététiciens et psychologues) et autres professionnels (éducateurs sportifs, travailleurs sociaux) exerçant en ville. Ensuite, si l'obésité devient plus sévère, le médecin spécialiste de l'obésité (nutritionniste, le plus souvent), prend le relais en partenariat avec d'autres professionnels de santé. Enfin, les patients les plus sévères sont dirigés vers les Centres spécialisés de l’obésité (CSO) ou centres hospitaliers universitaires (CHU).

Pourquoi l'obésité augmente-t-elle les risques de survenue de maladies et d'accidents cardiovasculaires  ?

Plus que la prise de poids, c'est surtout la prise de masse grasse abdominale (augmentation du tour de taille) qui est délétère pour la santé cardiovasculaire. De fait, chez l’humain, on distingue deux grands types de localisation de la masse grasse. L’excès de graisse peut se situer au niveau des cuisses (la fameuse « culotte de cheval ») ou de l'abdomen : on parle alors de graisse abdominale ou viscérale. Cette accumulation de masse grasse abdominale peut être néfaste pour la santé cardiaque.4,5

Le fait de diminuer le tour de taille d'un patient améliore de nombreux paramètres sanguins en cause dans les maladies cardiovasculaires. Cela optimise la glycémie (taux de glucose dans le sang) et les taux de graisses circulantes dans le sang et réduit la tension artérielle. Cela permet également de limiter la formation de dépôts graisseux sur la paroi des artères. Or, ces dépôts sont dangereux : ils contribuent à la formation de plaques pouvant ralentir, voire bloquer la circulation du sang. Ce phénomène - appelé athérosclérose - est l'une des causes principales d'infarctus du myocarde (ou « crise cardiaque ») et d'accidents vasculaires cérébraux.

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Système métrique Système britannique
Système métrique / Système britannique

Comment mesure-t-on le tour de taille ?

L’excès d’adiposité abdominale se mesure par le tour de taille avec un mètre ruban placé juste sous la dernière côte à mi-chemin entre la dernière côte et la crète iliaque, à la fin d’une expiration, sans exercer de pression sur la peau. Selon l’American Diabetes Association (ADA), un tour de taille de plus de 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme est le signe d’une obésité abdominale à risque métabolique et vasculaire.6

Comment protéger son cœur lorsque l'on est concerné par l'obésité ?

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé7sont claires : le fait de perdre 5% de son poids (en cas de surpoids ou d'obésité) est un objectif raisonnable et protecteur d'un point de vue cardiovasculaire. Les résultats sont déjà visibles au niveau des paramètres sanguins : la glycémie, les marqueurs de l'inflammation et le taux de triglycérides s'améliorent. Les objectifs de perte de poids doivent être raisonnables et progressifs. Toutefois, chez certaines personnes en situation d’obésité, une perte de poids, même minime est difficile, voire impossible, malgré la mise en place de règles hygiéno-diététiques bien suivies (rééquilibrage alimentaire, activité physique régulière, amélioration du sommeil, réduction du stress...). Pour une prise en charge adaptée et personnalisée, ces patients doivent être encadrés par une équipe médicale spécialisée (médecin nutritionniste, diététicien, enseignants en activité physique adaptée, psychologue...).

 

* augmentation du taux de graisses circulant dans le sang (cholestérol et/ou trigycérides)

 

Hélia Hakimi-Prévot

 

Si vous vous posez des questions par rapport à votre poids ou à votre santé cardiovasculaire, n’hésitez pas à en parler avec un professionnel de santé. Un médecin généraliste ou un cardiologue peut vous accompagner, vous aider à faire le point et à mettre en place un suivi adapté à votre situation.

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* Ces fournisseurs sont des entités autonomes et indépendantes. Novo Nordisk n'exerce aucune influence sur la fourniture de ces services, ni ne conditionne en aucune manière le libre déroulement des activités des professionnels de santé impliqués.

Références
  1.  Santos-Eggimann B. : Maladies cardiovasculaires : une cible de prévention pour contrecarrer les effets de l’évolution démographique. Rev Med Suisse 2006 ; 2 : 653-7. https://www.revmed.ch/view/642314/5026109/RMS_56_653.pdf
  2. Putri RR, Danielsson P, Ekström N, et al. Effect of Pediatric Obesity Treatment on Long-Term Health. JAMA Pediatr. Published online January 21, 2025. doi:10.1001/jamapediatrics.2024.5552
  3. Haute Autorité de Santé : Recommandation de bonne pratique : Obésité de l’adulte : prise en charge de 2è et 3è niveaux, Mis en ligne le 23 juin 2022 - Mis à jour le 28 févr. 2024.
  4. Poirier P., Després J.P. : Obésité et maladies cardiovasculaires. Med Sci 2003 ; 19 : 943–949. http://dx.doi.org/10.1051/medsci/20031910943
  5. Andreelli F. : Obésité et surpoids sont-ils des facteurs de risque. Réalités cardiologiques 30 juin 2009.https://www.realites-cardiologiques.com/wp-content/uploads/sites/2/2010/11/09.pdf
  6. Klein S, Allison DB, Heymsfield SB, et al. Waist circumference and cardiometabolic risk: a consensus statement from Shaping America's Health: Association for Weight Management and Obesity Prevention; The Obesity Society; and the American Society for Nutrition. Diabetes Care. 2007 Jun;30(6):1647-52. doi: 10.1093/ajcn/85.5.1197
  7. Haute Autorité de Santé : Recommandation de bonne pratique : Surpoids et obésité de l'adulte : prise en charge médicale de premier recours. - Mis en ligne le 26 déc. 2012
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