Et si vous parliez de votre poids avec un médecin ?
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Infirmière libérale, patiente experte, autrice et présidente-fondatrice de l'association de patients Obesitaid, Mélanie mobilise toute son énergie pour prendre en main sa santé et mieux vivre avec l'obésité. Huit ans après sa chirurgie bariatrique, elle souhaite partager son expérience et accompagner d'autres patients. Récit d'un parcours exemplaire.
J'ai commencé à prendre du poids vers la fin de l'adolescence. J'avais quelques rondeurs mais je n'étais pas en obésité. Malheureusement, j'ai perdu mon père de façon brutale alors que je n'avais que 19 ans. J'ai été très choquée : j'ai commencé à « manger mes émotions ».
Un an après le décès de mon père, j'avais pris plus de 30 kg. C'est là que j'ai commencé à multiplier les régimes et à tenter tous types de stratégies pour perdre du poids. J'ai consulté une multitude de diététiciens, de nutritionnistes, d'endocrinologues... Malgré tous mes efforts, je ne cessais de prendre du poids. Je ne voyais aucune issue à ce problème.
A 29 ans, lors d'une consultation de suivi gynécologique, j'ai confié mon désir d'enfant. Mais le médecin, un brin grossophobe, a très mal réagi : elle m'a dit que j'étais complètement inconsciente de vouloir tomber enceinte compte-tenu de mon poids ! Cette réflexion m'a glacé le sang. Peu après, alors que je déjeunais au restaurant, un enfant a montré mon ventre à sa mère et lui a dit : « elle a un bébé dans son ventre, la dame ! ». Cette réflexion m'a fait l'effet d'un électrochoc : à partir de ce moment-là, je me suis démenée pour trouver un centre hospitalier sérieux pour une prise en charge de mon obésité. A l'époque, je résidais en Suisse (à Fribourg). En effectuant des recherches, j'ai trouvé le centre métabolique de l'hôpital cantonal de Fribourg. J'ai tout de suite été prise en charge par une équipe pluridisciplinaire et l'endocrinologue m'a proposé d'intégrer un parcours de chirurgie bariatrique.
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J'ai bénéficié de 9 mois de prise en charge intense. Chaque semaine, j'avais rendez-vous avec un psychologue et un diététicien. Je participais à des sessions d'informations obligatoires - 3 heures hebdomadaires - sur les changements de vie nécessaires (nutrition, activité physique, aspects psychologiques...) pour vivre de façon optimale après la chirurgie bariatrique. J'ai consulté un bon nombre de spécialistes dont un pneumologue et un cardiologue et effectué une batterie d'examens médicaux. Compte-tenu de mon histoire personnelle et médicale mais aussi, de mon obésité sévère, le chirurgien de l'équipe souhaitait que j'opte pour un by-pass en Y. Cette technique crée une liaison entre le haut de l’estomac et le tube digestif. Elle court-circuite une partie de l’intestin qui ne reçoit alors plus d’aliments. Son objectif est double : elle restreint la quantité d’aliments que l'on consomme et diminue leur assimilation par l’organisme.
A l'issue des 9 mois de préparation, je me sentais enfin prête à envisager cette chirurgie !
La première année a été difficile. J'étais très fatiguée. J'avais beau avoir été préparée à « l'après by-pass », je n'étais pas à l'aise avec mon image corporelle. Il m'a fallu du temps pour accepter ma nouvelle silhouette : 12 mois après la chirurgie, j'avais déjà perdu 56 kg ! J'ai aussi été victime de quelques « dumping syndromes ». Après ce type de chirurgie, le fait de manger des aliments riches en graisse ou en sucre peut provoquer des symptômes incommodants mais passagers (sueurs, fatigue intense, palpitations, nausées, voire malaise). J'avais été informée du risque de « dumping syndrome » et je l'ai très bien géré. J'ai également eu une complication post-opératoire : certaines agrafes - utilisées par le chirurgien pour fermer mes plaies au niveau intestinal- n'ont pas tenu : il a fallu me réopérer pour les refermer. Malgré ces désagréments, je me sentais bien mieux, plus légère au niveau du corps et de l'esprit. La chirurgie m'avait délivré d'un problème que je n'arrivais pas à résoudre malgré tous mes efforts et mon hygiène de vie irréprochable.
J'ai eu la chance d'être très bien suivie après mon by-pass par l'équipe pluridisciplinaire de l'hôpital où j'ai été opérée. Durant les deux premières années, je voyais l'endocrinologue, le psychologue et le diététicien tous les mois et mon chirurgien tous les 6 mois. Puis, le suivi s'est espacé mais il est resté régulier. La perte de poids liée au by-pass m'a notamment permis de reprendre les sports que j'aimais tant pratiquer durant mon adolescence : le volley, le handball et la natation. Je pouvais aussi marcher et faire du vélo sans ressentir de douleurs articulaires. Tout cela peut paraître anecdotique mais, pour moi, le fait de retrouver du plaisir lors d'une activité physique est une énorme récompense !
Autre joie immense : j'ai pu enfin concrétiser mon projet de grossesse. Mon chirurgien m'avait demandé d'attendre au moins 18 mois avant de tomber enceinte. Je n'ai pas attendu davantage : je suis tombée enceinte un an et demi pile poile après mon by-pass. Mon compagnon et moi étions aux anges.
Les trois premiers mois ont été difficiles car tout ce que je mangeais profitait au bébé : plus il prenait du poids, plus j'en perdais. Heureusement, j'étais très bien suivie par ma gynécologue (et une diététicienne qui m'avait donné des compléments alimentaires) et tout s'est normalisé à partir du deuxième trimestre. Je n'ai pas eu d'autres problèmes particuliers durant ma grossesse. Je me sentais belle, épanouie, en pleine forme. J'ai pris 6 kg au total que j'ai perdus dès la sortie de la maternité. J'ai accouché d'un petit garçon en bonne santé et j'étais moi-même en bonne forme. J'étais la plus heureuse des mamans ! Mon objectif était atteint grâce à l'accompagnement de professionnels de santé bienveillants, sensibilisés à l'obésité mais aussi, à tous les efforts que j'ai entrepris pour prendre ma santé en main.
C'est une décision que l'on doit prendre pour soi et, en aucun cas, pour faire plaisir aux autres ou pour répondre aux injonctions de perte de poids de la société. Par ailleurs, la chirurgie bariatrique n'est pas magique : elle ne suffit pas à se sentir mieux dans corps et dans sa tête. Ce choix implique beaucoup d'efforts. Il y a un gros travail à faire en amont de la chirurgie : il faut s'assurer que l'on est prêt, d'un point de vue psychologique, à amorcer des changements de vie importants et pérennes. Pour ma part, j'ai modifié mon comportement alimentaire et le contenu de mon assiette : avant la chirurgie, je mangeais très vite et de grosses quantités d'aliments. Aujourd'hui, je prends le temps de manger et je m'assure que chacun de mes plats comprend des protéines, des fibres et des féculents.
La reprise du sport m'a également fait beaucoup de bien. Aujourd'hui, 8 ans après mon by-pass, je ne suis plus obnubilée par mon poids, j'ai un rapport apaisé avec la nourriture. Et surtout, je suis en bonne santé. Je peux affirmer que la chirurgie bariatrique m'a sauvé la vie ! Il ne faut pas en avoir peur lorsque l'on est bien préparé et entre les mains d'équipes expertes, tout se passe au mieux. Il ne faut pas hésiter à se faire aider par les associations de patients et à s'informer sur l'obésité et la chirurgie, via des sources sûres, validées d'un point de vue scientifique. Attention aux réseaux sociaux dont les informations ne sont pas toujours fiables.
Je connais bien le milieu médical car je suis infirmière libérale. Par ailleurs, compte-tenu de mon expérience en tant que personne concernée par l'obésité, j'ai souhaité créer Obesitaid il y a un an. Cette association dédiée à tous les patients en situation d'obésité intervient à Tarbes et à Pau. J'anime des groupes de parole une fois par mois et des ateliers d'écritures tous les trimestres. J'aide les patients à exprimer leurs maux grâce aux mots. Notre association propose également, tous les jours, des séances d'activité physique adaptée (yoga, zumba, marche...). Je me suis, par ailleurs, formée à l'éducation thérapeutique du patient (ETP) pour devenir patiente experte. Aujourd'hui, j'accompagne les personnes avant, pendant et après la chirurgie. Je travaille, pour cela, en étroite collaboration avec des médecins généralistes et des chirurgiens qui me font confiance en parlant de moi à leurs patients. Enfin, j'ai écrit un livre auto-édité chez YouStory, intitulé « Ma vie avec un by-pass », il raconte mon parcours avant, pendant et après la chirurgie. Je suis en train d'écrire mon deuxième ouvrage : il sera dédié aux problématiques liées au désir d'enfant ; à la grossesse et à la vie après la chirurgie de l'obésité.
Hélia Hakimi-Prévot
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